Le combat de la saintete Imprimer
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Cette rubrique a été réalisée en collaboration avec le Séminaire Interdiocésain d'Orléans.

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C'est dans l'exercice loyal, inlassable, de leurs fonctions dans l'Esprit du Christ qu'est, pour les prêtres, le moyen authentique d'arriver à la sainteté.

Concile Vatican II, Presbyterorum Ordinis, §13

Témoins d'un Autre, nous ne sommes en rien propriétaires du trésor qui nous est confié. Nous le recevons précieusement pour qu'il fructifie par notre service désintéressé ; nous sommes invités à en être les serviteurs intelligents et actifs (1). Ni archéologues, parce que la Parole de Dieu est vivante aujourd'hui ; ni établis à notre compte, parce que la Parole a été prononcée par un Autre, une fois pour toutes. Nous voilà appelés à vivre une situation unique et irremplaçable. C'est seulement dans la mouvance de l'Esprit promis, agissant ici et maintenant, et assurant la permanente "ré-activation" de cette Parole que nous pouvons nous situer en pleine liberté intérieure avec joie et désintéressement "Car celui qui donne la croissance c'est Dieu" (2).

Ainsi appelés à se laisser de plus en plus déposséder d'eux-mêmes, par la nature de leur mission, les prêtres sont invités à goûter l'originalité de cette expérience passionnante du service d'un Autre. Il s'agit de laisser cette distance nécessaire entre une Parole qui n'est pas la nôtre et notre propre personne qui se fait porte-parole. C'est au cœur de cet espace inviolable que l'Esprit de Dieu trouve place pour déployer sa puissance dans le cœur de ceux à qui nous sommes envoyés.

Par l'authenticité de notre humilité, par notre manière de laisser Jésus-Christ devant nous, nous symbolisons pour la portion d'Eglise qui nous est confiée, que rien ne nous appartient, ni à nous ni à elle, mais que cette Parole qui sauve nous est donnée pour que nous en soyons serviteurs et pour qu'elle fructifie (3).

Ici se déploie la joie parfaite de l'Ami dont le bonheur sera d'entendre la voix de l'Epoux afin que "Lui grandisse et que moi je décroisse" (4).

Autant dire qu'une telle expérience spirituelle se noue au cœur de la vie des prêtres après bien du temps, souvent aussi à travers bien des épreuves qui conduisent à cette désappropriation. L'Amour de Jésus-Christ servi à travers son Peuple grandit lentement en nous. On ne "naît" pas prêtre, ministre de l'Evangile ; au fil des jours, on le devient dans la mesure où l'Esprit, reçu, trouve en nous humilité, disponibilité, patience pour se déployer.

Extrait de Claude Tourailles in Spiritualité des prêtres diocésains, revue "Prêtres diocésains", mars-avril 1987

(1) 2 Co 4, 7

(2) 1 Co 3, 7

(3) 1 Co 3, 22-23

(4) Jn 3, 30

"Seigneur Jésus, nous écoutons aujourd'hui la parole que, par l'intermédiaire de l'Apôtre, tu répètes à chacun : "Veillez". En ce jour de retraite, donne-nous de nous exercer particulièrement à la vigilance, pour ne pas nous laisser surprendre par les sentiments ou l'imagination, ni nous laisser entraîner par la superficialité ou le manque de courage. Fais que nous ne méritions pas ton reproche : "Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi" (Mt 26, 40). Toi, Seigneur, tu veilles en agonie, dans ton Eglise, jusqu'à la fin du monde. Donne-nous de nous unir à ceux qui veillent en prison, surtout à ceux qui s'y trouvent pour la cause de leur foi. Unis-nous à la veille et aux souffrances des malades incurables qui, peut-être, s'efforcent de ne pas se laisser surprendre par le désespoir. Fais-nous vivre en communion avec les hommes qui ont faim et soif de pain, de justice et de dignité. Accueille notre humble offrande en union à ta veille de Gethsémani et à ta croix, qui est salut pour cette humanité que nous aimons et que tu nous as confiée. Toi qui vis et règne dans les siècles des siècles."

Cardinal C.M. Martini - Prêtres, quelques années après, Le Cerf, 1987