| L'ordination diaconale : une plus grande ressemblance au Christ... |
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| Écrit par Homélie de Mgr Fort pour l’ordination diaconale de Thomas Sépulcre |
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Mon cher Thomas, La Parole de Dieu qui vient d'être proclamée est impressionnante par son affirmation de la grandeur de la mission qui va vous être confiée. Elle est aussi encourageante et rassurante car elle vous assure que Dieu lui-même est à l'oeuvre et qu'Il sera fidèlement avec vous dans l'accomplissement de cette mission.
La grâce de l'ordination, le don de Dieu que vous allez recevoir, Thomas, est une participation à la puissance transformante de la charité du Christ. Le sacrement de l'Ordre vous associe au Christ sauveur, il fait de vous son collaborateur au service de l'évangélisation et de la sanctification de vos frères, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
Le diacre est ordonné à l'évangélisation du monde. Qu'est-ce donc qu'évangéliser? Le diacre est ordonné au dévouement à ses frères. Ce qui caractérise le service diaconal c'est la façon d'aimer exprimée par le service. La grâce diaconale est une grâce de ressemblance au Christ dans sa générosité totalement désintéressée. Ainsi, le diacre est appelé à témoigner de la charité de Dieu. Or l'amour divin est gratuit, il ne cherche aucun avantage, il ne veut que notre bien en nous éveillant à la liberté intérieure d'un coeur disponible, totalement désencombré du souci de lui-même. L'amour divin nous fait goûter la beauté et la fécondité d'un authentique désintéressement, la joie de donner en ne cherchant qu'à faire grandir celui à qui l'on donne. Il appartient aux diacres de rappeler à tous les fidèles du Christ, et à tous ceux qui cherchent les sources d'une vie plus belle, la Parole du Seigneur : Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. Le diacre est ordonné à la prière. Avec l'évêque, les prêtres, les religieuses et religieux, le diacre est spécialement appelé à participer à la grande prière de l'Eglise qui ne cesse d'intercéder au nom du Christ sauveur. Cette prière, Thomas, doit jaillir de votre propre coeur et porter les joies et les peines, les souffrances et les espoirs de tous ceux que vous rencontrez, et parmi eux, de façon privilégiée, les blessés de la vie. Par cette prière votre coeur s'accorde au coeur du Christ pour que votre regard se pose sur vos frères avec la bienveillance, le respect et la confiance du Christ. Ainsi vous allez au devant de chacun comme on va vers un frère, parce que vous les voyez comme le Christ les voit, comme des frères, comme des enfants de notre Père. Ordonné diacre en vue du presbytérat, vous avez librement adhéré, Thomas, au choix des évêques catholiques latins qui préfèrent n'ordonner prêtres que des hommes qui s'engagent au célibat pour ce ministère. Il est vrai que l'Église catholique a ordonné des hommes mariés et qu'elle en ordonne encore dans les Eglises catholiques de rite oriental. Il est vrai aussi que des prêtres vivent mal le célibat et que leurs égarements font des victimes, affligent la communauté catholique, provoquent indignation et scandale. Cependant, la contestation du célibat des prêtres se fait si insistante - même lorsqu'il est vécu sainement dans la droiture et la fidélité à la parole donnée - que ce serait naïf de croire que cette contestation veut être au bénéfice d'une valorisation du mariage. En fait, dans la tradition chrétienne, célibat et mariage se soutiennent l'un l'autre parce qu'ils exigent pour être bien vécus les mêmes vertus de maîtrise de soi, de générosité, de droiture et de fidélité. Dans la culture occidentale actuelle, la continence chaste est aussi paradoxale et incomprise que la totale gratuité du service, le don de soi désintéressé. La liturgie de votre ordination, Thomas, est d'un réalisme lucide. Lorsqu'elle vous appelle à vous engager, elle vous sollicite de le faire non pas en comptant sur vos seules forces mais en affirmant dans la foi : "Oui. je le veux avec la grâce de Dieu".
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Je me suis réjoui pour nous tous, frères et soeurs, lorsque j'ai su que nous allions entendre le témoignage du prophète Jérémie : "Le Seigneur m'adressa la parole. Il m'a dit : "Avant de te former dans le sein de ta mère, je te connaissais. Avant que tu viennes au jour, je t'ai consacré". Ainsi, lorsque ce même Seigneur annonce : "Je fais de toi un prophète pour les peuples. Je mets dans ta bouche mes paroles. Ne crains pas, je suis avec toi". Lorsque Dieu parle ainsi, il ne fait, en quelque sorte, que poursuivre l'oeuvre qu'il a commencée. Ce n'est une nouveauté que dans la particularité de la mission qui est confiée, Dieu ne cesse pas d'être avec nous.