| "Le Christ veut, entre vous et lui, une intimité vraie, une fidélité courageuse, une obéissance amoureuse. " |
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| Écrit par Homélie de Mgr Fort pour l’ordination de Julien Dumont et de Thomas Sépulcre |
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Comme elle est belle l'Eglise du Christ que nous formons ensemble lorsqu'elle célèbre son Seigneur, lorsqu'elle accueille, dans la joie et l'espérance, sa présence et l'œuvre de sa grâce dans la puissance de l'Esprit Saint. Cher Thomas, cher Julien, je bénis le Seigneur et je me réjouis pour vous, pour vos parents et tous les membres de vos familles, pour tous vos amis. Je me réjouis pour notre Eglise diocésaine, plus particulièrement pour tous ceux et celles à qui vous apporterez la lumière de l'Evangile, tous ceux et celles pour qui vous serez les servants de la grâce du Christ dans l'exercice de vos ministères, ministère presbytéral pour vous Thomas, ministère diaconal pour vous Julien. Je me réjouis que vous ayez été personnellement et intimement touchés par la Parole du Christ : "Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te parle, c'est toi qui lui demanderais l'Eau vive". Le cœur du Christ est la source de cette Eau vive, qu'il a laissé couler avec son sang dans le don plénier de sa vie à ses frères. Il a remis son Esprit à son Père pour qu'il soit sans cesse et partout répandu dans les cœurs, afin que nous vivions tous en véritables enfants de Dieu. Je me réjouis, chers Julien et Thomas, que vous ayez répondu à l'appel du Seigneur "Viens, suis moi", et que dans une obéissance confiante à son Eglise vous ayez courageusement consenti aux astreintes et aux travaux de six années de formation intellectuelle, spirituelle et pastorale : formation en séminaire et formation pastorale en paroisse. Appuyé sur les témoignages de vos éducateurs, je vais pouvoir aujourd'hui vous choisir et vous ordonner pour les ministères de diacre et de prêtre. Le Christ, Seigneur et Sauveur, va étendre sur vous sa main toute puissante pour faire de vous les servants de sa Parole et de sa Grâce. Que votre prière intime soit alors une louange fervente, un chant intérieur de confiance et de reconnaissance, un renouvellement de votre attachement personnel au Christ et de votre disponibilité à la puissance de son Esprit. ![]() Le Christ veut, entre vous et lui, une intimité vraie, une fidélité courageuse, une obéissance amoureuse. Obéissance amoureuse, que faut-il comprendre ? Il faut comprendre que le Christ attend de ses vrais disciples que sa Parole fasse autorité dans leurs intelligences et dans leurs coeurs. Que cette Parole ne soit pas que des mots sur leurs lèvres mais qu'elle inspire leurs pensées et gouverne leurs actes. Comment l'obéissance à la Parole de Dieu peut-elle devenir amoureuse ? Elle le devient lorsqu'elle est l'élan d'un cœur sans partage, lorsqu'elle entraîne l'adhésion heureuse de tout l'être et devient alors source de liberté intérieure et de joie. Dans le monde tel qu'il est, au milieu des hommes tels qu'ils sont, pouvons-nous encore oser dire que c'est l'amour qui nous attache au Christ et qui fonde notre dévouement à nos frères ? Pouvons-nous espérer être compris lorsque nous osons choisir librement le célibat chaste pour être configurés plus intimement à la façon d'aimer du Christ. Nous sommes et nous voulons demeurer disciples de Jésus, le Christ de Dieu Seigneur et Sauveur. Pour mieux témoigner qu'il est la voie qui conduit au Père, qu'il est la vérité et la vie, nous choisissons d'accorder notre propre vie à la sienne. Nous croyons à sa parole lorsqu'il déclare : "Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que vous soyez comblés de joie. Mon commandement le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés". Chers frères et sœurs, le mystère d'amour que nous célébrons dans la liturgie des ordinations demande à être contemplé et vécu dans la foi. Ordonné diacre, Julien va recevoir, en signe du service qu'il devra désormais accomplir, une étole. Une étole non pas verticale mais diagonale, transversale. Que veut-elle signifier ? Au cœur de l'action eucharistique, au moment central de la consécration du Pain et de la Coupe, le diacre se tient en retrait, muet et les mains vides. Il manifeste ainsi, il signifie et atteste à l'assemblée que la source du salut est en Dieu. Qu'il n'appartient à l'Eglise que d'accueillir le don du Père, la présence du Christ. Le diacre se tient là, figure de l'Eglise et de l'humanité bénéficiaires du salut, l'Eglise pauvre qui ne peut qu'ouvrir les mains pour accueillir la grâce qui lui est faite. Le diacre contemple l'œuvre du Christ Sauveur. Il intervient humblement, pour aider, pour servir. Etole transversale, le diacre participe à l'œuvre divine mais il ne l'accomplit pas. Sa contribution n'est pas constitutive de l'œuvre du salut. Elle est en amont dispositive : le diacre apporte les oblats, le Pain et le Vin, à l'autel. Elle est en avale distributive : il porte à ses frères le Corps et le Sang du Seigneur. Le diacre est serviteur de ses frères dans l'humilité et le dévouement de celui qu'il ne peut transmettre et partager que ce qu'il reçoit de son Maître et Seigneur, le Christ. Ordonné prêtre, Thomas va recevoir, en signe du service qui le configure au Christ unique et souverain prêtre, une étole droite. Etole verticale pour être expressive de la médiation établie par le Christ entre le ciel et la terre, expressive de l'Alliance nouvelle et éternelle où l'humanité participe à la vie divine par le Christ, avec Lui et en Lui. Etole verticale, le prêtre ne peut la porter que par la grâce de l'ordination au sacerdoce ministériel qui lui donne d'agir au nom et en place du Christ Tête, "in persona Christi capitis". Le prêtre est configuré au Christ dont le sacrifice peut seul assurer le salut du monde, briser les portes de la mort par sa propre mort et par sa résurrection nous ouvrir les portes de la vie éternelle. Ordonnés diacre et prêtre, Julien, Thomas, vous célébrez le sacrifice rédempteur du Christ qui fonde la nouveauté inouïe du christianisme. L'Eucharistie est la source et le sommet de la vie et de la mission de l'Eglise, toujours vivante et toujours jeune. L'Eucharistie atteste que la distance de Dieu à l'homme a été franchie par l'amour de Dieu et que nous sommes appelés à répondre ensemble à cet amour. Nous rendons à notre Père du ciel le plus bel hommage dont nous sommes capables en lui offrant en retour le don le plus précieux que nous avons reçu de lui. Nous nous laissons saisir et entraîner dans l'action de grâce du Christ qui se confie et se remet tout entier à son Père. Par Lui, avec Lui et en Lui, nous sommes tous frères et nous pouvons enfin dire à Dieu, en toute vérité : "Notre Père".
Ne reconnaître en Jésus qu'un nouveau prophète c'est encore rester à distance de ce qu'il a d'unique, de sa richesse intime. "Vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?". Jésus ne peut signifier plus clairement à quel point il attend de ceux dont il veut faire des apôtres une relation vraiment personnelle, une relation d'intimité vivifiante, transformante. Lorsque Pierre répond : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant", Jésus manifeste sa joie, son bonheur d'accueillir l'œuvre du Père dans le cœur de son disciple : "Heureux es-tu, Simon, ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela mais mon Père qui est aux cieux. Moi, je te déclare, tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise". Cher Thomas, cher Julien, l'Evangile de la fête des Apôtres est un appel pressant à nous attacher intimement à la personne du Christ pour bâtir avec lui son Eglise. La personne de Jésus, Verbe de Dieu fait chair, est à la fois la source et le centre de la vie de tout chrétien, il doit l'être d'une façon éminente pour chacun de ceux qu'il choisit, qu'il appelle, qu'il ordonne et envoie pour servir la mission confiée à son Eglise. Nous sommes bien plus que des enseignants d'une doctrine sur Dieu, nous sommes les témoins du Christ vivant et présent avec nous chaque jour. Nous n'enseignons pas seulement une morale supérieure pour une vie humaine plus belle, nous sommes unis au Christ qui est la charité parfaite. Nous célébrons le sacrifice unique et perpétuel du Christ, sacrifice rédempteur auquel nous communions pour faire de notre propre vie un sacrifice spirituel qui plaise à notre Père du ciel, pour sa gloire et le salut du monde. + André FORT |



Cher Thomas, cher Julien, 
Chers frères et sœurs, l'Evangile qui vient d'être proclamé en la fête des apôtres Pierre et Paul nous fait revivre une étape décisive de la relation des disciples de Christ lorsqu'ils s'attachent à lui pour le suivre de plus près. Alors que la rumeur qui court au sujet de Jésus l'inscrit dans la lignée des prophètes, illustrée par Elie, par Jérémie et, plus proche de nous par Jean-Baptiste, Jésus interroge : "Vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?".