| "Le Christ fait de vous un porteur de sa lumière..." |
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| Écrit par Homélie de Mgr Fort pour l’ordination sacerdotale de Julien Dumont | |||
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Cher Julien, Que votre ordination presbytérale soit célébrée le jour où l'Eglise fête solennellement la mémoire du précurseur du Christ, saint Jean-Baptiste, cette heureuse conjoncture doit être pour nous bien plus qu'une particularité du calendrier de l'année liturgique. Nous devons reconnaître dans cet événement un signe de Dieu et je vous invite tous, Frères et Sœurs, à l'accueillir dans la disponibilité de l'intelligence et du cœur pour entendre la magnifique leçon qui nous est donnée : une provocation à l'audace et au courage de la foi, un appel plus radical à nous convertir, dans un attachement plus intime et plus fervent à la personne du Christ, notre Seigneur et notre Sauveur. Provocation à l'audace de la foi ! Dieu parle, mais nous n'osons pas croire que sa parole s'adresse à nous et, trop souvent, nous nous dérobons à l'appel qu'il nous adresse. Aujourd'hui, le Seigneur parle. Il nous assure qu'il nous a formés dès le sein de notre mère et que nous avons du prix à ses yeux. Il est notre lumière et notre force, lui qui déclare : "C'est trop peu que tu sois mon serviteur pour ne me ramener que des rescapés. Je vais faire de toi une lumière pour les nations, afin que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre". Chers Frères et Sœurs qui entourez Julien de votre affection et de votre prière, qui le soutenez et l'encouragez dans sa réponse à l'appel au sacerdoce ministériel, ne pensez pas que Dieu ne parle aujourd'hui que pour lui. La grâce du sacerdoce ministériel que Julien va recevoir du Christ par l'imposition de mes mains et l'appel à l'Esprit Saint, ne fera pas de lui un super chrétien rejoignant une élite de privilégiés. Le sacrement d'ordre le qualifie pour qu'il soit le servant de la Parole et de la Grâce du Christ pour la conversion et la sanctification de ses frères. Le Christ l'envoie en témoin de la foi, en messager d'espérance, en artisan de réconfort et de réconciliation, en dispensateur du Pain de vie éternelle. Que signifie, en effet, la belle liturgie de la nuit pascale que vous présiderez, Julien, sinon que le Christ fait de vous un porteur de sa lumière, pour que vous en éclairiez la marche de vos frères à la suite du Christ, mais aussi pour que vous leur communiquiez cette lumière. Vous devez en briller vous-même afin que tous brillent à leur tour et qu'ainsi le salut apporté par le Christ parvienne jusqu'aux extrémités de la terre. C'est ensemble, en Eglise, laïcs et ministres ordonnés, que nous sommes fidèles au Christ lorsque chacun et chacune de nous répond à son appel pour prendre la place qui lui est assignée et la part de service qui lui est confiée. Alors, et alors seulement, nous travaillons fructueusement à la mission qui nous unit. L'Évangile que le diacre vient de proclamer nous a rappelé que Zacharie, le père de Jean-Baptiste, n'a retrouvé la parole que lorsqu'il s'est totalement accordé avec la volonté de Dieu sur son enfant, en lui donnant un nom absent de la tradition familiale mais reçu dans la foi : "Son nom est Jean !". Alors, docile à l'Esprit Saint qui l'éclaire et l'inspire, Zacharie prophétise, et sa prophétie qui dit la vocation de l'enfant vaut pour chacun de nous, aujourd'hui Julien, plus particulièrement pour vous : "Toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut. Tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins, pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés, grâce à la tendresse, à l'amour de notre Dieu, quand nous visite l'astre d'en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l'ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix". A l'écoute de cette parole, comment ne pas lui répondre en faisant nôtre le psaume que la liturgie d'aujourd'hui met sur nos lèvres : "Je te rends grâce, ô mon Dieu, pour tant de merveilles. C'est toi qui m'as créé, qui m'a tissé dans le sein de ma mère. Je reconnais devant toi l'être étonnant que je suis. Etonnantes sont tes œuvres, toute mon âme le sait. Je te rends grâce, ô mon Dieu, pour tant de merveilles". Toi, petit enfant, être étonnant, tu seras prophète du Très-Haut ! Cher Julien, plus nous avançons en âge, plus nous nous efforçons de grandir dans l'intelligence de la foi et la connaissance du Christ, plus nous persévérons dans le dévouement à nos frères, plus nous devons être vigilants, à l'écoute de l'Évangile qui ne cesse de nous appeler à nous convertir. Baptisés, confirmés, sacramentellement mariés ou ordonnés, nous avons toujours à faire mieux pour suivre le Christ de plus près et lui ressembler davantage. Aujourd'hui, j'écoute avec vous, dans une attention renouvelée, le Christ qui nous dit : "En vérité, si vous ne changez pas, si vous ne devenez comme les enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Celui qui se fera petit, comme un enfant, celui-là sera grand dans le Royaume des Cieux". Je demande au précurseur d'accomplir, pour vous Julien et pour moi, sa mission qui est de conduire au Christ pour reconnaître en lui l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, celui qui baptise dans l'Esprit et le feu. A l'école de saint Jean-Baptiste nous apprenons à dire : "Il faut qu'il grandisse et que moi je diminue". Voilà l'esprit d'enfance évangélique qui doit devenir le nôtre, alors même que le Christ vient nous dire : "C'est trop peu que tu sois mon serviteur. Tu es mon ami si tu fais ce que je te commande. Je ne t'appelle plus serviteur, car le serviteur est dans l'ignorance de ce que fait son maître. Je t'appelle ami parce que tout ce que j'ai entendu de mon père je te le fais connaître. Ce n'est pas toi qui m'as choisi, c'est moi qui t'ai choisi et institué pour aller porter du fruit, et que ce fruit demeure". Cette parole, Julien, qu'elle soit dans votre cœur mais aussi sur vos lèvres, pour que beaucoup l'entendent. Chacun, chacune de nous est unique pour Dieu, unique et irremplaçable, dans la diversité et la complémentarité des vocations, nous sommes tous appelés pour être appelants. Amen ! + André FORT Evêque d'Orléans Cathédrale Sainte-Croix
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