| Pourquoi avoir fait ce choix d’être religieuse ? |
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| Écrit par Témoignage des soeurs Marie-Jeanne, Monique et Christiane | |
Tout est parti d'une rencontre :"Des personnes ont peu à peu orienté ma vie…jeune, je voulais donner ma vie pour les pauvres en "mission", le prêtre de la paroisse m'a fait rencontrer des Sœurs infirmières qui arrivaient et qui m'ont dit "tu as tout ce qu'il faut pour te faire religieuse…je n'y avais pas pensé…leur manière de vivre me plaisait bien…pourquoi pas !" "Moi j'étais dans un milieu où il n'y avait pas de religieuses. J'ai fait une retraite à 17 ans qui m'a beaucoup marquée et finalement je ne suis rentrée qu'à 30 ans." "J'ai toujours été attirée par l'Evangile. Des institutions Religieuses m'ont donné le goût de l'Evangile et je buvais leurs paroles. D'autres personnes m'ont donné leur témoignage de foi : mon père surtout : c'était un converti. Il vivait de l'Evangile et était proche des pauvres." Cette rencontre nous a ouvert un chemin...Chemin qui s'est offert à notre liberté et s'est approfondi au jour le jour, tout en marchant. "Moi, avant 30 ans, je pensais que cet appel, je pouvais le réaliser dans ma vie professionnelle d'assistante sociale et d'infirmière où j'étais heureuse, donnée. Mais peu à peu, je me suis rendu compte que cela ne me suffisait pas. Il me manquait une dimension plus profonde, plus spirituelle, avec d'autres." "Moi, enthousiaste, généreuse, jeune, voulant aller dans les pays de mission, je suis entrée dans une congrégation, confiante, découvrant peu à peu le Christ et ce que cela me demandait réellement de Le suivre en étant Religieuse." "Moi, amoureuse du Christ, j'ai hésité entre vie contemplative et vie active. La vie contemplative m'apparaissait comme quelque chose de plus fort, de plus radical. Un conseiller spirituel m'a laissée cheminer, en particulier dans le scoutisme ; il m'a aidée à discerner que vu mon tempérament, la Vie religieuse apostolique me convenait mieux que la vie contemplative : je pouvais autant aimer le Seigneur en me donnant aux autres qu'en étant cloîtrée. Si je m'étais embarquée toute seule, j'aurais foncé et me serais cassé la figure." Un chemin qui se trace en marchantUne fois le choix déterminé, c'est encore ce chemin qui se trace en marchant. Il va de fidélité en échec et d'échec en fidélité, de pardon en recommencement… "En ce qui me concerne, par exemple, j'ai fait confiance aux Responsables de ma congrégation qui ne m'ont pas envoyée en pays de mission. Après dialogue, j'ai pris d'autres chemins que ceux où je voulais aller. C'est ainsi que je me suis retrouvée, en mai 68, à Paris défilant dans les rues avec d'autres étudiants…j'ai vu alors à cette époque, nombre d'amis prêtres, religieuses quitter leurs engagements. Cela m'a fait approfondir mon propre choix de vie…Plus tard, vivant dans une Communauté avec des couples chrétiens, où j'ai vu naître 15 enfants, j'ai senti dans ma chair ce que pouvait être une maternité "autre"…En relisant mon parcours de vie religieuse, j'ai vu que le Seigneur était toujours là, me précédant même dans la tourmente et par moments, me comblant" "Moi, au début de ma vie religieuse, je me situais mal dans la vie fraternelle qui m'apparaissait trop contraignante, avec ses horaires, ses habitudes… Un jour, pendant une réunion syndicale, mon vélo solex a été volé. Mes sœurs se sont mobilisées pour le retrouver et m'ont soutenue moralement. Mon regard sur la vie fraternelle a changé à partir de là. Une autre étape m'a marquée : en approfondissant le don de ma vie et la contemplation du Christ je me suis sentie appelée à rejoindre le Quart Monde : Ils sont le visage de Jésus pauvre, humilié, simple et souffrant tout à la fois. Plus je les rencontre, plus ils m'aident à vivre ma foi au Christ qui dévoile son amour et son pardon dans le lavement des pieds et Il rend à Pierre sa dignité de disciple. C'est devenu comme une seconde vocation pour moi." "J'étais disponible à toutes les propositions faites par mes responsables. Pendant 20 ans, j'étais très heureuse avec des enfants handicapés. Un jour j'ai eu envie de plus de radicalité en allant vers un milieu plus démuni. Un appel du Honduras m'a rejoint et je me suis proposée. Mes responsables m'y ont envoyée. J'y suis restée 26 ans." Pourquoi vivez-vous dans des cités populaires?Nous ne choisissons pas nos lieux de mission… c'est une Congrégation qui nous envoie répondant à certains appels d'Eglise. Pourquoi vivre en cité ? C'est, pour l'Eglise, une question de solidarité avec un milieu. Pour nous, c'est une solidarité par l'habitat, une présence simple, faite de proximité, d'entraide, de soutien et d'engagement avec d'autres. On se retrousse les manches avec les gens…Les rencontres avec des populations pluri ethniques changent notre regard, nous modifient. Avec d'autres, nous menons un même combat pour que l'homme soit respecté dans son humanité et sa différence. D'ailleurs, sans aller très loin, l'acceptation des différences nous avons à la vivre, au sein de notre propre communauté. Notre prière, en communauté, est imprégnée, marquée par cette vie, ces relations. Rencontrer le visage de l'autre nous apprend quelque chose du visage de Dieu et nourrit notre vie de prière, notre action de grâce… Dans notre prière, nous portons le quartier avec tous ceux qui l'habitent, leurs soucis, leurs joies, leurs peines et leurs espoirs. Des laïcs font la même chose que nous, croyants ou non d'ailleurs.C'est vrai, mais nous n'avons pas la prétention de faire mieux que les autres, ni d'être au-dessus d'eux. Ce sont des appels et des vocations différentes. L'important c'est que chacun soit fidèle aux appels reçus, à sa mission propre. Nous croyons que cette humble présence peut dire quelque chose d'un Dieu qui aime tous les êtres humains. En finale, que dirions-nous ?
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