| Pourquoi un monastère invisible ? |
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Pourquoi un monastère invisible ?Une prise de conscience "au cœur" de notre Eglise diocésaine Prier pour les vocations ? La question a resurgi à l'occasion du pèlerinage qui a réuni beaucoup de chrétiens de toute la Région Apostolique du Centre à Vézelay l'an dernier. Depuis, ce souci a fait son chemin et est au cœur de la mission de notre équipe. Il est habituel dans l'Eglise de prier pour les vocations. Le rassemblement de Vézelay nous a permis de prendre conscience que de nombreuses personnes prient régulièrement - seules, en famille, au sein d'un groupe de prière, en lien avec une communauté religieuse ou paroissiale - "le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson". On ne peut pas dire qu'on ne prie pas pour les vocations dans notre diocèse ! Et pourtant, face aux critères de réussite de notre société moderne, n'avons-nous pas de temps en temps un sentiment de grande inefficacité ? Aussi devons-nous nous redire le vrai sens de cette prière. Pour Mgr Marc STENGER, évêque de Troyes, il est important que cette prière soit une prière de pauvre, "la prière de celui qui reconnaît qu'il n'est rien sans Dieu, de celui qui ne retrouve son identité que dans l'accueil de l'amour de Dieu. Le pauvre, c'est celui qui se sait démuni et insuffisant et qui est capable de confesser l'immensité de la bienveillance de Dieu et de se mettre avec confiance face à son dessein. La prière pour les vocations est donc d'abord l'expression d'une conscience de nos manques, des faiblesses de notre foi et de notre réceptivité à la Parole de Dieu, et, dans le même temps, confession d'un Dieu qui accueille et qui comble, qui porte le souci de chacun de ses enfants". Une prière "pour" notre Eglise diocésaine. Cette "prière de pauvre" trouve toute sa dimension que si elle est chargée de l'expérience de vie de toute notre Eglise diocésaine. Une prière pour les vocations bien ajustée est toujours une prière d'action de grâce pour l'Eglise ! On ne peut pas prier pour les vocations sans aimer l'Eglise et sans désirer sa vitalité, même dans ses conditions de pauvreté ; sans prier en même temps pour sa fécondité, c'est-à-dire pour qu'elle devienne toujours davantage ce Corps vivant et organisé dont nous sommes des membres solidaires et non juxtaposés ; sans participer au déploiement pastoral par lequel les prêtres et les laïcs apprennent à devenir, chacun à sa place et selon sa mission, responsables de la vie chrétienne et de la vitalité de l'Eglise. On ne peut pas prier vraiment pour les vocations sans faire confiance aux jeunes dans chacune de nos communautés chrétiennes, paroisses, services, mouvements et aumôneries. Une prière "de" notre Eglise diocésaine Si c'est toute la vie de l'Eglise diocésaine qui est engagée dans la prière pour les vocations, c'est aussi tous les chrétiens qui sont concernés, et non pas seulement les experts de la chose vocationnelle ou les adhérents à des réseaux spécialisés. C'est pourquoi, pour favoriser une démarche ecclésiale, c'est-à-dire pour permettre la participation de chacun, dans la communion de tous, à ce grand mouvement de prière, notre diocèse lance ce vaste réseau de prière appelé "monastère invisible". Le "monastère invisible", c'est la prière incessante, à l'image de celle des communautés religieuses, prière de louange à Dieu et de supplication pour le monde. Il offre à la prière de chacun le soutien et l'élargissement de la prière de tous. Prier pour les vocations est un acte fondateur de notre Eglise diocésaine ! P. Christophe CHATILLON
Quel sens a la prière pour les vocations ?A la question "quel sens a la prière pour les vocations ?", quelle réponse donnerions-nous ? Aujourd'hui quand nous parlons de " prière pour les vocations", il me semble que, dans la mentalité courante, c'est une demande d'augmentation numérique des prêtres et des consacrés. Jésus n'a-t-il pas dit : "Priez le Maître de la moisson" (Mt 9, 38) ? La prière demandée par le Christ et qui dépasse la demande rigoureuse d'une augmentation en nombre est un acte de foi, d'attente, qui est le propre du disciple. La prière pour les vocations n'est pas qu'un rite. Elle est dans son fondement l'expression de la foi, dans une espérance absolue. P. Christophe CHATILLON
Message de Monseigneur FORT, Evêque d'OrléansLe 11 mai dernier, l'Eglise a célébré la 40ème Journée de prière pour les vocations. A cette occasion de nombreux journaux et revues, en particulier des publications chrétiennes, nous ont présenté et ont analysé l'épreuve que constitue pour l'Eglise en France et dans d'autres pays du monde occidental, le trop petit nombre de jeunes chrétiens qui entrent en formation pour les ministères ordonnés et la vie consacrée. Ce que l'on appelle "la crise des vocations", que l'on ferait mieux d'appeler "la crise de la réponse aux appels de Dieu", est durablement installée chez nous. Elle sera d'autant plus sensible dans les 15 années à venir que l'impact de la diminution du nombre des ordinations sera renforcé par la légitime retraite, après 50 ans de ministère, des prêtres ordonnés avant 1960. + André FORT - Evêque d'Orléans
"Y aura-t-il demain des hommes ou des femmes pour risquer toute leur vie sur l'Evangile ?"25 ans après l'annonce du décès de Mgr Guy-Marie RIOBE qui plongera le diocèse d'Orléans dans la stupeur et de deuil, à l'heure où l'avenir de notre Eglise, et plus spécialement le défi des vocations, ne cessent d'alimenter les débats, il est bon de réentendre les paroles " prophétiques " de celui qui fut le Pasteur de notre Eglise diocésaine durant quinze années. Le 23 octobre 1972, au terme de son intervention à Lourdes, le Père RIOBE disait : " Pour moi, la question essentielle reste encore à poser. La défense désespérée ou la difficile liquidation de structures passées ne dissimule-t-elle pas aujourd'hui à l'Eglise l'essentiel de sa tâche et de sa responsabilité ? Y aura-t-il demain des hommes et des femmes, mariés ou non, ministres ou non, religieux ou non, pour risquer toute leur vie sur l'Evangile ? Pour le vivre, mais aussi pour parier qu'il est encore une Nouvelle, et une bonne Nouvelle, qu'on peut annoncer - au cœur d'une existence qui témoigne de sa vitalité - à tous ceux qui ne l'ont pas vraiment entendue. Ceux-là seuls sauront prendre en charge les responsabilités nécessaires à la vie de l'Eglise ". Deux ans plus tard, dans le document " Tous responsables dans l'Eglise ", il disait : " L'Eglise ne pourra remplir sa mission que si de vraies communautés se forment un peu partout. Seules des communautés vivantes, dynamiques et priantes, présentes aux transformations de la société, confrontées aux événements, capables de réinterpréter pour aujourd'hui le message des apôtres, rendront crédible l'Eglise du Christ. Le printemps de l'Eglise est à ce prix. Pour moi, de telles communautés permettront de résoudre le problème des vocations. Ce sont elles qui détermineront les " ministres " dont elles auront besoin ". La question reste d'actualité : comment toute l'Eglise diocésaine peut-elle être responsable des vocations ? S'il n'y a pas de tissu ecclésial, il est vain d'essayer de faire une pastorale de l'appel. La vocation n'appartient à personne : ni au SDV, ni aux mouvements, ni aux paroisses. Ceci implique une prise en compte commune de la dimension vocationnelle et d'un travail ensemble. La pastorale des vocations est au cœur même de toute l'Eglise car sa mission, sa vocation profonde est la construction de l'Eglise. Le SDV se trouve au cœur même de tout ce qui fait la vie de l'Eglise, et de l'Eglise diocésaine. Il est là pour rappeler à tous qu'ils sont appelés pour annoncer l'Evangile. Père Christophe Chatillon
Pourquoi un diocèse a-t-il besoin de la vie consacrée ?Dans notre monde, comme dans notre Eglise, beaucoup de personnes ne se sentent pas comprises, écoutées et entendues; elles ont l'impression d'une distance qui se crée entre elles et les divers responsables. Le besoin d'une présence de proximité, d'écoute, se fait de plus en plus sentir. La présence de petites communautés religieuses de vie apostolique dans presque chaque paroisse du diocèse et de nombreux relais remplit cette mission d'écoute et de proximité depuis de nombreuses années. + Michel SANTIER - Evêque de Luçon
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